Elle a 12 ans…

Elle a 12 ans…

Elle a 12 ans.
Elle s’apprête à faire le grand saut vers le secondaire.

Elle parle bien. Elle sait s’adapter. Elle fait des efforts. Beaucoup.

Mais chaque jour, elle rentre épuisée.

Épuisée d’avoir fait semblant.
D’avoir souri quand elle ne comprenait pas.
D’avoir deviné les règles sociales sans jamais être certaine de bien faire.
Épuisée d’avoir caché qui elle est vraiment, parce qu’elle sent que ce n’est pas toujours ce qu’on attend d’elle.

Cette jeune fille est autiste 💙
Et ce qu’elle aimerait, plus que tout, c’est qu’on comprenne sans qu’elle ait à l’expliquer🫶

Elle aimerait qu’on sache que parler ne veut pas dire tout comprendre.
Que réussir à se contenir à l’école ne veut pas dire que tout va bien.
Que ce n’est pas parce qu’elle s’exprime bien, qu’elle n’est pas en détresse.

Elle aimerait qu’on voie ce qui se passe à l’intérieur, même quand elle ne le montre pas.

Et si on parlait du TSA au féminin?

Ce texte illustre avec une justesse poignante ce que vivent de nombreuses filles autistes, souvent invisibles aux yeux des adultes, parce qu’elles « fonctionnent bien ». Elles parlent, elles sourient, elles réussissent. Mais à quel prix?

Le TSA au féminin est souvent plus difficile à repérer. Pourquoi? Parce que plusieurs filles apprennent très tôt à camoufler leurs différences. Elles observent, imitent, compensent, s’adaptent. Elles développent des stratégies sophistiquées pour « passer inaperçues ». Ce phénomène, appelé camouflage ou masquage, est une forme d’effort constant pour s’adapter à un monde qui ne leur est pas intuitif. Et c’est épuisant.

Ce que ça veut dire concrètement?
– Qu’on ne voit pas toujours les signes classiques de l’autisme chez elles.
– Qu’elles peuvent passer sous le radar pendant des années.
– Qu’elles risquent d’être diagnostiquées tardivement, parfois à l’adolescence… ou à l’âge adulte.
– Qu’elles vivent souvent une grande détresse intérieure, malgré une apparente aisance.

Et si on changeait notre regard?

Pour mieux accompagner ces jeunes filles, il faut apprendre à lire entre les lignes :
– Questionner la fatigue chronique en fin de journée.
– Se demander ce qui se cache derrière une apparente conformité sociale 🧍‍♀️🧍‍♂️
– Être sensibles aux petits signes : l’évitement des interactions sociales, l’hypersensibilité sensorielle, la rigidité, la solitude camouflée.

Comprendre le TSA au féminin, c’est aussi reconnaître que l’autisme ne se présente pas toujours comme dans les livres. Et c’est notre rôle, comme professionnels, enseignants, parents ou intervenants, d’ajuster notre regard.

💫 Voir au-delà du visible

Reconnaître l’autisme chez les filles, c’est accepter de ralentir pour mieux observer. C’est poser des questions, même quand tout semble aller. C’est aussi offrir de la place à celles qui ne veulent plus s’épuiser à se faire petites, discrètes ou parfaites.

Comprendre le TSA féminin, ce n’est pas coller une étiquette, c’est offrir des repères. C’est valider une expérience vécue de l’intérieur, souvent dans le silence. Et parfois, c’est aussi permettre à une jeune fille de se découvrir avec douceur, et d’enfin s’autoriser à être pleinement elle-même 💙

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