Il reconnaît la colère sur une image… mais pas quand elle monte en lui…

Il reconnaît la colère sur une image… mais pas quand elle monte en lui…

Il reconnaît la colère sur une image… mais est-ce qu’il sent son cœur battre plus vite?

Ce que l’intéroception change dans la régulation émotionnelle (et pourquoi on n’en parle pas assez)


Est-ce que tu travailles la reconnaissance des émotions avec tes jeunes?

Tu utilises des pictos, des cartes d’émotions, des scénarios sociaux?
C’est probablement un réflexe clinique partagé par plusieurs professionnels. Et c’est pertinent.

Mais…
est-ce que reconnaître les émotions chez les autres veut dire qu’on les reconnaît en soi?
Pas toujours. Et c’est là que l’intéroception entre en jeu.


Distinguer les visages… et sentir ce qui se passe en dedans

Un enfant peut apprendre à pointer la carte « fâché ».
À nommer « triste » quand un personnage pleure.
À repérer un froncement de sourcils ou une larme sur une photo.

Mais est-ce qu’il sent son cœur qui bat plus vite?
Est-ce qu’il remarque la tension qui monte dans ses épaules?
Est-ce qu’il fait le lien entre une boule dans la gorge et une émotion qui émerge?

Cette étape-là demande une attention intéroceptive :
👉 se tourner vers l’intérieur, remarquer ce qui se passe en soi, dans son propre corps.
Et ça, ce n’est pas inné pour tout le monde.
Encore moins chez certains enfants autistes.


Ce 8e sens qu’on n’enseigne peu… mais qui est à la base de tant de nos attentes.

🧠 L’intéroception, c’est la capacité à sentir ce qui se passe à l’intérieur de soi.
C’est ce qui nous permet de remarquer :

  • qu’on a faim

  • qu’on a envie d’uriner

  • que notre cœur s’emballe

  • qu’une émotion monte

C’est aussi ce qui nous aide à réagir avant que ça déborde.
À mettre des mots. À choisir une stratégie. À demander de l’aide.
Bref, à se réguler.

Mais voici le hic :

On demande aux enfants de se calmer… sans leur avoir appris à sentir ce qui monte.


Pourquoi c’est si important chez les enfants autistes?

Chez plusieurs enfants autistes (et adultes aussi), la conscience intéroceptive est différente :

  • trop faible (ils ressentent moins fort, moins rapidement. Par exemple: ils se rendent à la toilette à la dernière seconde)

  • trop forte (chaque petit signal est envahissant. Par exemple: une douleur, même de faible intensité, devient insupportable)

  • floue ou mal interprétée (ils mélangent les sensations, ne les associent pas adéquatement. Par exemple: ils pensent avoir faim, mais finalement c’est de l’anxiété)

Résultat?
Des émotions qui explosent sans prévenir.
Des stratégies qui ne fonctionnent pas, parce qu’elles arrivent trop tard.
Des interventions qui échouent… parce qu’on ne s’est pas posé la question :
“Mais est-ce qu’il le sent?”


Et maintenant, on fait quoi?

👉 On garde les pictogrammes, les cartes d’émotions, les jeux de rôle.
Mais on ajoute autre chose.

🗣 On pose des questions comme :

“Ton ventre est comment en ce moment? Lourd? Plein? il fait du bruit?, etc.”
“Est-ce que ton cœur bat vite en ce moment?”
“Où est-ce que tu le ressens, toi, la colère?”

🎨 On explore par le dessin, les jeux sensori-moteurs. On propose des mots pour voir si certains font sens pour l’enfant. On fait le lien entre un mouvement, une réaction, un ressenti. 
Et on laisse de la place à ce qui se passe à l’intérieur….sans jugement. Parce que chaque expérience intéroceptive est différente. 


Pour aller plus loin

Je développe tous ces concepts (et bien d’autres!) dans ma formation « L’intéroception chez l’enfant autiste: Comprendre ce que le corps dit ».
On y parle de régulation émotionnelle, mais aussi de propreté, d’habillage, d’hygiène. 
Bref, de tout ce que le corps essaie de nous dire — et qu’on n’écoute pas toujours.

📅 Prochaine édition : 24 septembre (en direct). Disponible en différée pendant 3 mois. 
💸 Tarif réduit jusqu’au 19 août


Tu veux simplement réfléchir à tout ça à ton rythme?
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Parce qu’avant de réguler… il faut sentir.
Et pour sentir, il faut savoir quoi chercher.

Carolyne 🌸

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